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Musique classique et opéra par Classissima

Martha Argerich

samedi 1 octobre 2016


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Cd, automne 2016 : rentrée hautement pianistique

Classiquenews.com - Articles CD, PIANO. Les séductions multiples de l’automne 2016. Avec du recul, la rentrée automnale 2016 demeure hautement pianistique. Les amateurs comme les curieux se seront délecter face à tant de nouveautés et rééditions discographiques. CLASSIQUENEWS a sélectionné le meilleur d’une moisson belle et bien historique même. Songez plutôt : après un sublime (le mot n’est pas trop fort) nouveau Chopin par Pascal Amoyel (chez La Dolce Volta : immersion dans le sentiment nostalgique patriotique : album intitulé « Polonia »), il y eut depuis l’été de nombreux titres et coffrets absolument incontournables pour les amoureux de claviers bien ciselés, suggestifs, allusifs, poétiques. Chez Decca, est paru l’album de celui qui est pour nous le plus grand interprète de sa génération, par son touché velouté, voluptueux, allusif, – divinement allusif, entre autre chez Liszt et Franck (inoubliable Prélude, choral et fugue), à savoir le britannique, Benjamin G (pour Grosvenor) – notre photo ci dessus : c’est le nouveau dieu du piano, un héritier de la féline et tout autant caressante, impératrice de la nuit et de l’intime, Marta Argerich (tiens, bizarre que l’Argentine ne l’ait pas encore attirer dans son réseau de jeunes partenaires associés …) ; puis il y eut simultanément, l’anniversaire de la mort de EMILS GILELS, l’autre monstre sacré du piano russe, aux côtés de son contemporain et confrère Richter : Deutsche Grammophon a édité un inédit historique, son récital à SEATTLE, en 1964, comprenant Beethoven, Chopin, Debussy, Prokofiev…, volet complété chez Sony classical par le coffret no moins indispensable et révélateur du GILELS entre autres poète aux côtés du chef Fritz Reiner (despotique autant qu’alchimiste du verbe musical, orchestral : Les plus avertis sauront qu’il a marqué les esprits au Concours Tchaikovsky 2015 : le Français Lucas Debargue fait valoir une sensibilité intime et introspective lui aussi totalement convaincante chez Bach, surtout Beethoven et Medtner : rubato personnel, intelligence de l’architecture, la pensée déjeune pianiste s’exprime librement dans son déjà 2è cd chez Sony classical. SONY Classical décidément crée doublement l’événement en rééditant 2 coffrets historiquement fabuleux, sélection de ses archives RCA VICTOR et COLUMBIA. C’est d’abord le coffret de l’intégrale de CLAUDIA ARRAU chez RCA et COLUMBIA, puis le second coffret tout autant magicien, de EVGENY KISSIN, prince toujours d’une innocence juvénile, à la fraîcheur intacte de recueil en recueil, malgré le temps, ici de 1987 à 2005. Une somme à la candeur intime irrésistible. Enfin Coup de coeur de ce mois d’octobre 2016, le Manuel de Falla, déhanché, séducteur mais aussi voluptueux et rêveur du pianiste Wilhelm Latchoumia qui signe pour La Dolce Volta l’un de ses meilleurs disques : d’une maturité dramatique, viscéralement poétique, indiscutable (El Amor Brujo). Soit en synthèse, une moisson aux indiscutables pépites, défendues par 7 immenses interprètes : historiques (Gilels, Arrau, Kissin), actuels passionnants (Amoyel, Grosvenor, Latchoumia, Debargue). Jamais la planète Piano, n’a semblé plus diverse et convaincante. A suivre. (Un récital Liszt par le jeune prodige russe Daniil Trifonov est également sorti chez DG, mais à cette heure nous n’avons pas encore reçu le disque définitif… critique à venir) FIN D’ÉTÉ et AUTOMNE 2016, hautement pianistique GILELS, AMOYEL, KISSIN, GROSVENOR… SYNTHESE de la rentrée hautement pianistique de l’automne 2016 Sélection opérée par la Rédaction de CLASSIQUENEWS PASCAL AMOYEL : « Polonia » VOIR : reportage vidéo Polonia par Pascal Amoyel LIRE notre critique du cd Polonia / Chopin par Pascal Amoyel (paru en avril 2016) EMIL GILELS, récital inédit de Seatle 1964 LIRE notre compte rendu critique du cd Emil Gilels à Seattle, 1964 http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-emil-gilels-recital-de-seattle-1964-1-cd-deutsche-grammophon/ BENJAMIN GROSVENOR LIRE notre compte rendu critique du cd HOMAGES par Benjamin Grosvenor (Paru le 9 septembre 2016) http://www.classiquenews.com/cd-evenement-compte-rendu-critique-homages-benjamin-grosvenor-piano-1-cd-decca/ LUCAS DEBARGUE : JS BACH, BEETHOVEN, MEDTNER LIRE notre critique complète du cd Lucas Debargue (paru en septembre 2016) http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-lucas-debarque-piano-js-bach-beethoven-medtner-1-cd-sony-classical/ CLAUDIO ARRAU, intégrale Sony Cd coffret événement, compte rendu critique : CLAUDIO ARRAU, piano : The complete RCA Victor & Columbia album collection (12 cd Sony classical / 1941-1951). Parution: septembre 2016 LIRE notre critique du coffret RCA et COLUMBIA Claudio Arrau http://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-compte-rendu-critique-claudia-arrau-piano-the-complete-rca-victor-columbia-album-collection-1-cd-sony-classical-1941-1951/ EVGENY KISSIN CD, coffret événement, annonce : Evgeny Kissin, piano. The complete RCA and SONY Classical album collection (25 cd Sony classical) Parution : septembre 2016 LIRE notre critique du coffret 25 cd de l’intégrale RCA et Sony d’Evgeny Kissin http://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-annonce-evgeny-kissin-the-complete-rca-sony-classical-album-collection-25-cd/ WILHEM LATCHOUMIA CD Manuel de Falla : El Amor Brujo Parution : octobre 2016 LIRE notre compte rendu critique du cd De Falla par Wilhem Latchoumia

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20 septembre

Compte-rendu, concert. Montreux & Vevey, les 29, 30 & 31 août 2016. JS Bach, E Grieg, W. A. Mozart, L. van Beethoven… James Ehnes, Mikhaïl Pletnev, Midori, Orchestre des Jeunes de Bahia.

Fêtant cette année ses 70 ans, le Septembre musical de Montreux-Vevey continue de s’imposer comme l’un des festivals majeurs de la Suisse Romande, et donc un rendez-vous incontournable pour le mélomane amateur de grands orchestres comme de grands solistes. L’édition 2017 a vu ainsi défiler des solistes de la trempe de Martha Argerich, Leonidas Kavakos, Daniil Trifonov, mais aussi – nous les avons entendus – James Ehnes, Mikhaïl Pletnev et Midori. Le premier s’est lancé – au Temple Saint-Martin de Vevey – dans la folle aventure de l’intégrale des Sonates et Partitas pour violon seul de J.S. Bach. Le violoniste canadien ne s’y avère pas qu’un simple exécutant de la partition, mais avant tout un traducteur et un acteur dont la maturité d’interprétation fait forte impression. Dans ces œuvres fameuses, l’instrument entre dans une symbiose permanente, et sonne à nos oreilles comme une déclaration d’émotion, avec notamment de très beaux aigus. Même si certaines pièces accusent une certaine rapidité d’exécution – par exemple dans la fameuse Chaconne de la Partita n°2 -, il émane de son jeu une respiration artistique forte et une sensibilité à fleur de peau qui font de cet artiste, l’un des plus talentueux et attachants de sa génération. Visiblement très ému par ce qu’il vient d’entendre, le public lui offre une vive ovation à l’issue de sa performance. Trois soirées au Septembre musical de Montreux-Vevey Le second, assez rare en tant que concertiste depuis qu’il dirige l’Orchestre National de Russie, a offert – au Reflet-Théâtre de Vevey – un programme plus éclectique, réunissant Bach, Grieg, Mozart. Dans le Prélude et Fugue en la mineur de Bach, le virtuose russe gratifie l’auditoire de sa technique hors pair : sens de la construction, clarté du contrepoint, expressivité, capacité à faire chanter l’instrument. Avec Grieg, on trouve des moments de poésie et d’apaisement dans la Ballade op. 24 et une sincère tentative de faire ressortir le romantisme échevelé de la juvénile Sonate op. 7. Après l’entracte, c’est Mozart qui est à l’honneur au travers de trois de ses Sonates (les KV 311, 457 & 533). Pletnev – cela se voit et s’entend – vit dans l’intimité de Mozart, qu’il joue avec un respect et une affection touchantes, et son interprétation relève le défi de ce grand voyage dans les tréfonds de l’âme mozartienne avec beaucoup de finesse, d’élégance, de fraîcheur. Avec un très beau sens des nuances et un jeu d’une grande clarté, il retrouve la pureté mélodique de ces Sonates, leur brillance et leur virtuosité, en toute simplicité. Il offre, en bis, le fameux Rêve d’amour de Liszt puis le Scherzo de Borodine. Entre ces deux soirées, nous avons pu également assisté à un concert qui affichait le Youth Orchestra of Bahia (YOBA), orchestre composé de jeunes issus des quartiers défavorisés de la cité brésilienne (à l’image du plus connu El Sistema vénézuélien fondé par Gustavo Dudamel). Dirigée par son fondateur et directeur musical Ricardo Castro, la jeune phalange s’échauffe d’abord avec une pétillante Ouverture de Candide de Leonard Bernstein avant d’accueillir en son sein la célèbre violoniste japonaise Midori pour une exécution du Concerto pour violon de Beethoven. Dès le premier mouvement, l’interprète montre qu’elle est aujourd’hui en pleine maturité artistique et technique : la puissance et la beauté du son, la fiabilité de la tenue d’archet, le contrôle de l’interprétation dans ses moindres détails, l’économie du comportement (tout de concentration et d’intériorité) concourent à créer un moment de musique vraiment mémorable. La seconde partie de soirée propose une pièce aussi rare qu’originale avec le Chôros n°6 d’Heitor Villa-Lobos, le Chôro étant une tentative étonnante de fusionner la musique orchestrale et la musique des rues du Brésil. Le cycle des douze Choros composés par le compositeur brésilien nécessite des effectifs instrumentaux variés de la guitare seule au grand orchestre, et c’est tout le Brésil avec ses percussions caractéristiques, sa lumière et sa joie intrinsèque qui s’exprime à travers les instruments de l’orchestre classique. Et disons-le tout de go, le YOBA – en terme de richesse des timbres et de fini instrumental – n’a ici rien à envier aux grandes phalanges européennes sous la baguette de Ricardo Castro qui, de son côté, allie énergie et précision. Bref, une double belle découverte que cette partition et cet orchestre au Septembre Musical de Montreux-Vevey ! Compte-rendu, concert. Montreux & Vevey, les 29, 30 & 31 août 2016. JS Bach, E Grieg, W. A. Mozart, L. van Beethoven… James Ehnes, Mikhaïl Pletnev, Midori, Orchestre des Jeunes de Bahia. Illustrations : JamesEhnes, Pletnev, Midori (DR)




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20 septembre

Compte rendu, concert. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins, le 15 septembre 2016 ; Johann Sebastian Bach ; Robert Schumann ; Ludwig Van Beethoven. Nelson Goerner, piano.

Compte rendu, concert. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins, le 15 septembre 2016 ; Johann Sebastian Bach ; Robert Schumann ; Ludwig Van Beethoven. Nelson Goerner, piano. Nelson Goerner fait partie des musiciens d’exception. Originaire d’Argentine, il est chez lui dans le monde entier. Son talent très tôt repéré et encouragé par Martha Argerich s’est développé magnifiquement et sa carrière internationale est fascinante. Cet artiste aux moyens considérables a choisi pour son récital au Cloître des Jacobins un programme construit vers une apothéose. Les Variations sur un air italien de Bach représentent une sorte de pâtisserie très décorée, portée en une virtuosité aérienne à la limite de la déstructuration. Nelson Goerner en a offert une interprétation mesurée et maitrisée détaillant chaque petite note avec gourmandise. Comme un long fleuve tranquille sans contraste et avec très peu de nuance. Tout a passé comme un rêve, calme et apaisé. GOERNER, presque Too much… Puis les Davidsbündertänze de Schumann ont été absolument incroyables d’intensité musicale. La diversité que cette suite de pièces contient est sidérante. Nelson Goerner a plongé, et nous a entrainé, dans cet univers foisonnant où joie, excitation, douleur, presque-folie ou paix s’enchainent sans trêve. De toute évidence, les mimiques très expressives de Nelson Goerner nous prouvent avec quelle intensité il vit complètement cette partition. Avec des moyens d’une puissance émotionnelle rare, il a saisi son auditoire. Que de couleurs, de nuances, de puissance ou de délicatesse sous ses dix doigts ! Un voyage inoubliable, sans pouvoir reprendre jamais notre souffle, dans l’univers Schumanien si fascinant des Davidsbündertänze. En deuxième partie de programme Nelson Goerner s’est attaqué à la Sonate Hammerklavier de Beethoven que certains nomment « l’Himalaya du piano » : et j’ai bien l’impression que notre artiste a pris cette indication à la lettre ! Engagé, volontaire, presque halluciné par instants… on ne peut imaginer piano plus expressif, tirant toutes les possibilités en termes de variété de toucher, couleurs ou nuances du piano. Beethoven dans cet opus sort grandi, statufié en inaccessible génie. Ainsi il aurait perçu dans sa surdité réelle et son oreille visionnaire, toutes les possibilités du piano contemporain. C’est à cet extrême là que je me heurte. Si Beethoven sonne ainsi, peut on imaginer un au-delà ? Cette puissance sonore à la limite de l’agression pour des oreilles sensibles est peut être excessive. Mais le troisième mouvement d’une délicatesse à mourir de beauté est si incroyable… Si métaphysiquement accompli… Le final hallucinant de fermeté, de structure sublimée et de force digitale surhumaine est à peine soutenable. Nous sommes loin très loin de ce qui se propose en terme de poésie et de subtilité dans les « version renseignées » sur pianoforte. Nelson Goerner dans la plénitude de ses moyens phénoménaux a proposé une version insurpassable de puissance de l’opus 106. Cette interprétation me fait d’avantage penser à une œuvre shakespearienne baroque et excessive qu’à une oeuvre d’un compositeur classique ouvrant la voie au romantisme. En bis Nelson Goerner offre un Nocturne de Chopin, poétique et délicat nous rappelant quel artiste sensible il sait être. Mais pour terminer, il nous a asséné le coup de grâce par une puissance quasi orgiaque dans une étude du russe Felix Blumenfeld pour la seule main gauche. Compte rendu concerts. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins ; Le 15 septembre 2016 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Air varié dans le style italien BWV.989; Robert Schumann (1810-1856) : Davidsbündertänze, Op.6 ; ; Ludwig Van Beethoven (1770- 1827) : Sonate pour piano n°29 en si bémol majeur, « Hammerklavier » Op.106 . Nelson Goerner, piano. Illustration: (c)Jean-Baptiste-Millot

Carnets sur sol

5 septembre

Saison 2015-2016 : bilan statistique et subjectif… et putti d'incarnat

Vous l'attendiez, vous n'en pouviez plus. Le voilà. Juillet a été riche, août fut mort ; il est temps de proposer un petit bilan autour des choses vues. D'abord, un retour sur les saisons précédentes. saison 2009-2010 (54 soirées), son bilan statistique , son bilan subjectif ; saison 2010-2011 (43 soirées), son bilan statistique , son bilan subjectif ; saison 2011-2012 (49 soirées), et ses bilans combinés . saison 2012-2013 (73 soirées) et ses bilans combinés . saison 2013-2014 (58 soirées) et ses bilans combinés saison 2014-2015 (69 soirées) et ses bilans combinés . saison 2015-2015 (101 soirées) et ses bilans ci-présent. Cette saison, en plus des statistiques, une grande remise de putti d'incarnat. Comme c'est devenu la tradition, le putto d'incarnat récompense une réalisation exceptionnelle dans le domaine des arts. Seule la rédaction de Carnets sur sol, réunie en collège extraordinaire, est habilitée à le décerner, ce qui garantit son attribution, complètement indépendante, aux meilleurs artistes de notre temps. Hautement respecté, il se matérialise par un putto de van Dyck (ou Lagrenée, selon les années), remis directement au lauréat sous forme d'un carré de pixels. C'est aussi et surtout l'occasion de mettre en valeur certains concerts ou certains interprètes qui sont restés un peu négligés par la presse ou l'exposition publique – mais ce paramètre n'entre pas en considération dans l'attribution des récompenses. (Le jury tient à souligner que ne sont nommés qu'un petit nombre parmi les plus marquants, les autres étant loin de faire figure tocards pour autant…) 1. Liste des spectacles vus Concerts, opéras, théâtre… En voici la liste, dans l'ordre de la saison. Beaucoup ont été commentés, et quelques-uns ont servi de présentation à une œuvre, un genre, une problématique transversale… les liens sont indiqués entre crochets et s'ouvrent dans une nouvelle fenêtre. Hors décompte : août 2015. N'ayant jusqu'ici jamais fait de concert en août, je ne les décompte pas dans la saison pour ne pas fausser les statistiques. a) Parc Floral – polyphonies et chansons – Voces8 [notule ] b) Parc Floral – Brahms, Premier Trio avec piano – Fouchenneret, Julien-Laferrière, H. Cartier-Bresson [notule ] c) Parc Floral – Gossec, Symphonie – Orchestre de Chambre Pelléas [notule ] d) Parc Floral – Beethoven, Concertos pour piano 3 & 5 – Orchestre de Chambre de Paris, F.-F. Guy Puis, de septembre à début juillet : 1. Philharmonie (PP) – Sibelius, Symphonie n°5 – Orchestre de Paris, Paavo Järvi [notule ] 2. Théâtre des Champs-Élysées (TCE) – Weber, Der Freischütz – Gens, Schukoff, Speer, NDR Hambourg, Hengelbrock 3. Maison de la Radio (MR) – Dutilleux, The Shadows of Time / Poulenc, Litanies – Maîtrise de RF, Philharmonique de RF, Mikko Franck 4. Studio 105 – Waed Bouhassoun dans ses propres compositions 5. 38 Riv' – Santiago de Murcia pour harpe et guitare 6. Cité de la Musique (CiMu) – Meisel, Berlin, Die Sinfonie der Großstadt en réduction – Philharmonique de Strasbourg, Strobel [notule ] 7. TCE – R. Strauss, Ariadne auf Naxos – Amber Wagner, Kaufmann, Opéra d'État de Bavière, K. Petrenko [notule ] 8. Gaveau – Monteverdi, L'Orfeo – van Elsacker, Lefilliâtre, van Achten, La Fenice, Tubéry [notule ] 9. PP – Stravinski et Bartók, L'Oiseau de feu et Le Mandarin merveilleux complets – London Symphony, Gergiev [notule ] 10. 38 Riv' – Visée et Dollé pour théorbe et gambe – Thibaut Roussel, Robin Pharo [notule ] 11. PP – Mahler, Symphonie n°3 – Jennifer Johnson, Orchestre de Cleveland, Welser-Möst [notule ] 12. Ménilmontant – Ibsen, John Gabriel Borkman – Compagnie du Tourtour, Claudine Gabay [notule -bilan sur le patrimoine et les lignes de force d'Ibsen] 13. Bastille – Schönberg, Moses und Aron – Castellucci, Graham-Hall, Mayer, Castellucci, Ph. Jordan [notule 1 ] [notule 2 ] 14. PP – Saint-Saëns, Symphonie n°3 – Gabetta, Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] [l'orgue ] 15. Studio 104 – Walton, Symphonie n°1 – D. Pascal, Orchestre Colonne, Petitgirard [notule ] 16. TCE – Britten, Sérénade pour ténor, cor et cordes – Staples, Orchestre de Chambre de Paris (OCP), Boyd [notule ] 17. Saint-Gervais – Motets de Charpentier – Ensemble Marguerite Louise, Gaétan Jarry 18. MR – Tchaïkovski, Symphonie n°1 – Ehnes, Orchestre National de France (ONF), Gardner [notule ] 19. PP – Mahler, Symphonie n°5 – Argerich, Orchestre du Festival de Lucerne, Nelsons [notule ] 20. CiMu – Bach, Motets et Cantates – Ensemble Pygmalion, Pichon 21. Cortot – Cœur : Guédron, Le Roy & friends – Lefilliâtre, Le Levreur, Goubioud, Mauillon, Le Poème Harmonique, Dumestre [notule ] 22. CNSM, salle d'orgue – Telemann, Saint-Saëns, G. Jacob… Hommage à Colette Lequien 23. PP – Clyne, création ; Tchaïkovski, Symphonie n°2 – Bavouzet, Orchestre National d'Île-de-France (dit ONDIF), Mazzola [notule ] 24. Invalides, Grand Salon – LULLY, airs d'Atys, Armide ; Charpentier, Stances du Cid – Madelin, Croux, Benos, Hyon… CNSM, Haïm 25. PP – Dvořák, Symphonie n°7 – Orchestre de Paris, Dohnányi 26. PP – Nono, Prometeo – SWR Freiburg Baden-Baden, Matilda Hofman, Metzmacher [notule , expérience] 27. Bastille – Berlioz [notule], La Damnation de Faust – Hermanis, Koch, Kaufmann, Terfel, Ph. Jordan [notule et huées] 28. PP – LULLY, Armide – M.-A. Henry, Wanroij, Chappuis, Auvity, Mauillon, Les Talens Lyriques, Rousset [notule ] 29. Cité des Arts – Hahn, Koechlin, Ravel, Emmanuel pour violon et piano – Moraly, R. David [notule ] 30. CNSM, salle d'orgue – Fauré, Vierne, Hakim pour orgue – Kumi Choi [notule ] 31. PP – Magnificat de Bach, Psaume et Cantate de Mendelssohn – Orchestre de Paris, Hengelbrock [notule ] 32. Vieux-Colombier – Goldoni, I Rusteghi – comédiens-français [notule ] 33. CNSM, salon Vinteuil – Marx, pièces pour quatuor avec piano – étudiants du CNSM [notule ] 34. MR – Scherzo de Suk, Concerto pour violoncelle n°1 révisé et Symphonie n°6 de Martinů – J. Moser, Philharmonique de Radio-France (OPRF), Hrůša [notule ] 35. MR – Haydn 103, Mozart concerto 23, Schubert n°5 – OPRF, Norrington [notule ] 36. MR – Tchaïkovski, Symphonie n°5 – ONF, Gatti [notule ] 37. MR – Dutilleux, Symphonie n°2, Métaboles… – OPRF, Kwamé Ryan [notule ] 38. TCE – Garayev, Thilloy, Debussy (Nocturnes), Poulenc (Les Biches) – Orchestre Lamoureux, Antoine Marguier [notule ] 39. PP – Hommage à Boulez – Damiens, Ensemble Intercontemporain, Orchestre de Paris, P. Järvi… [notule ] 40. PP – Bruckner, Symphonie n°5 – Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] 41. Billettes – Airs de cour baroques espagnols – Kusa, Egüez [notule ] 42. Opéra Royal – Godard, Dante – Gens, Montvidas, Radio de Munich, Schirmer [notule , présentation de l'œuvre] 43. PP – Bartók, Le Prince de bois – Orchestre de Paris, Zinman 44. PP – audition d'orgue : Bach, transcriptions, Widor 6… – Foccroulle, Lefebvre, Latry, Marshall 45. CNSM, salle Fleuret – Beethoven, Ouverture pour Coriolan – étudiants membres du BDE (Bureau des Étudiants) 46. TCE – Haendel, Rinaldo – Lezhneva, Gauvin, Fagioli, Wey, A. Wolf, Il Pomo d'Oro, Montanari [notule plus générale sur les erreurs de falsettistes et de diapasons] 47. PP – Verdi, Requiem – Grimaldi, Lemieux, Pirgu, Pertusi, Orchestre de Paris, Noseda 48. PP – Mendelssohn, symphonies 2 & 3 – RIAS Kammerchor, Chamber Orchestra of Europe, Nézet-Séguin [notule ] 49. PP – Mendelssohn, symphonies 1, 4 & 5 – Chamber Orchestra of Europe (COE), Nézet-Séguin [notule ] 50. Sainte-Élisabeth – Charpentier, motets pour le Port-Royal – Achille, Boudet, Le Vaisseau d'Or, Robidoux [notule ] 51. PP – Sibelius, Symphonie n°3 – Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] 52. PP – Bruckner, Symphonie n°9 – OPRF, Inbal [notule ] 53. MR – Soir de Fête de Chausson, Printemps de Debussy, Les Animaux modèles de Poulenc – Latry, ONF, Gabel [notule ] 54. MR – Lalo-Coquard, La Jacquerie – OPRF, Davin [notule ] 55. Studio 104 – Musique de chambre de Castillon, Saint-Saëns et Fauré – membres de l'ONF, Girod [notule ] 56. Théâtre de la Porte Saint-Martin – Massenet, Don César de Bazan – Revault d'Allonnes, Dumora, Sarragosse, Les Frivolités Parisiennes 57. TCE – airs et duos de LULLY, Charpentier, Rameau, Leclair – von Otter, Naouri, Le Concert d'Astrée, Haïm [notule ] 58. Châtelet – Sondheim, Passion – Ardant, E. Spyres, Dessay, K. McLaren, R. Silverman, Thantrey, A. Einhorn [notule ] 59. CiMu – Bource, The Artist – Hazanavicius, Brussels Philharmonic, Ernst Van Tiel [notule ] 60. CiMu – Symphonie en ut de Bizet, Concerto pour hautbois de R. Strauss – Leleux, COE, Pappano [notule ] 61. CNSM, salle Fleuret – Récital-spectacle Kosma – Vittoz, H. Deschamps, Fanyo, A. Bertrand, Woh, Worms… [notule ] 62. Musée d'Orsay – Pillois, et mélodies orientales de Saint-Saëns, Caplet, Delage, Stravinski… – Brahim-Djelloul, Garde Républicaine [notule ] 63. Hôtel de Soubise – Schubert 13, Ravel, Boutry – Quatuor Akilone [notule du concert] 64. Bastille – Wagner, Die Meistersinger – Herheim, Kleiter, Keitel, Spence, Jovanovich, Skovhus, Finley, Groissböck, Ph. Jordan [notule et les bizarres longueurs wagnériennes] 65. CNSM, salle Fleuret – « Notre Falstaff », d'après Nicolai notamment – Cordoliani, (jeunes) étudiants du CNSM, Molénat [notule sur la méthodologie] 66. PP – Sibelius, Symphonie n°4 – Bell, Orchestre de Paris, Paavo Järvi [notule sur la place du soliste] 67. CNSM, salle d'art lyrique – Transcriptions d'opéra pour un ou deux pianos à deux ou quatre mains – Classe d'Erika Guiomar (Lucie Seillet, Rémi Chaulet, Pierre Thibout, Nicolas Chevereau…) [notule ] 68. TCE – Persée de LULLY dans la révision de Dauvergne, Bury et Francœur en 1770 – Guilmette, Santon, Kalinine, C. Dubois, Vidal, Christoyannis, Teitgen, Le Concert Spirituel, Niquet [longue notule ] 69. CNSM, salle d'art lyrique – Liederabend Zemlinsky par la classe d'Anne Le Bozec – Madelin, Garnier, Feix, Spohn, Bunel, Benos, Boché, Worms, Spampanato… [notule ] 70. Lycée d'État Jean Zay, salon de réception – La Création de Haydn en français – Le Palais Royal, Sarcos [notule ] 71. Théâtre Trévise – Adam, Le Farfadet – Les Frivolités Parisiennes [notule ] 72. Ancien Conservatoire – La Création de Haydn en français – Bello, R. Mathieu, Tachdjian, Le Palais Royal, Sarcos [notule ] 73. PP – Grieg, Concerto pour piano ; Dvořák, Symphonie n°8 – Tonhalle de Zürich, Bringuier [notule autour de l'importance de la vue] 74. PP, salle de répétition – Beethoven, Symphonie n°7 pour nonette à vent – souffleurs de l'Orchestre de Paris [notule : éditions et la discographie] 75. 38 Riv' – Quatuors de Haensel, Auber et I. Pleyel – Quatuor Pleyel [notule sur les œuvres] 76. Palais Garnier – Ballets de Paulli, Sauguet et Damase – École de Danse de l'Opéra, Orchestre des Lauréats du CNSM 77. MR – Schumann, Symphonie n°3 – OPRF, Norrington 78. Église de Joinville-le-Pont – Autour d'Ariane : Haendel, Vivaldi, Marcello, Marais , Mouret , Benda – Lohmuller, Ensemble Zaïs, B. Babel [notule sur les œuvres] 79. Bastille – Rigoletto de Verdi – Guth, Peretyatko, Kasarova, Fabiano, Kelsey, Siwek, Luisotti [notule ] 80. MR – Beethoven, Symphonie n°2 – OPRF, Koopman 81. MR, studio 104 – Franck, chœurs ; Aboulker, Boule de Suif – Maîtrise de Radio-France 82. CiMu – Airs de Charpentier & co – Petibon, Amarillis, Cochard, H. Gaillard 83. TCE – Wagner, Tristan und Isolde – Audi, Nicholls, Breedt, Kerl, Polegato, Humes, ONF, Gatti [notule ] 84. Notre-Dame-de-Paris – Credo de MacMillan, Requiem de Fauré – Maîtrise de NDP, OCP, J. Nelson 85. CRR – Campra, L'Europe Galante – Étudiants en musique ancienne du CRR 86. CRR – Mélodies orchestrales de Marx, Concerto pour violoncelle de J. Williams – Orchestre des étudiants du CRR 87. PP – Concerto pour violoncelle n°2 de Dvořák, Symphonie Fantastique de Berlioz – G. Capuçon, Capitole de Toulouse, Sokhiev 88. Bastille – R. Strauss, Der Rosenkavalier – Wernicke, E. Morley, Kaune, Houtzeel, Demuro, Gantner, P. Rose, Ph. Jordan 89. TCE – Spontini, Olympie (version originale) – Gauvin, K. Aldrich, M. Vidal, Le Cercle de l'Harmonie, Rhorer 90. Cinéma Le Balzac – Busatto, The Black Pirate (sur le film d'A. Parker écrit par Fairbanks) – Busatto himself [notules ] 91. Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux – Puccini, La Bohème – Galvez-Vallejo, Ut Cinquième 92. CNSM, salle d'art lyrique – Récital de fin d'études de Master 2 – pas du tout aimé, garde le nom secret pour ne pas nuire à la chanteuse [notule ] 93. Palais Garnier – Reimann, Lear – Bieito, Dasch, Merbeth, Alisch, A. Conrad, Skovhus, Luisi [notule ] 94. PP – Mahler, Symphonie n°3 – DeYoung, Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] 95. Palais Garnier – Adam & tripatouilleurs , Le Corsaire – Petipa-Sergueyev-A.M.Holmes, Rojo, Hernández, Corrales, Saruhashi, Orchestre Colonne [longue notule ] 96. CiMu – Cantates de Liszt et Gounod (sainte Cécile et saint François) – Deshayes, Barbeyrac, Sempey, OCP, Équilbey 97. Hôtel des Menus-Plaisirs – extraits d'Alcide de Marais & Louis Lully – chantres du CMBV, membres des CRR de Versailles et Cergy, van Rhijn 98. Cour de Guise (à Soubise) – Spanisches Liederspiel de Schumann, Neue Liebeslieder Waltzes de Brahms – Perbost, Zaïcik, P. García, Raschke, Ambroselli Brault, Williencourt 99. Cour de Guise – Quatuors avec piano, n°1 de Fauré et n°3 de Brahms – Trio Karénine, Sarah Chenaf 100. Cité Internationale des Arts – Programme Georges Migot (violon-piano, poèmes) – Couic Le Chevalier, Hosoya [lien ] 101. Cour de Guise – Quatuor n°8 de Beethoven, Quintette avec piano de Brahms – Akilone SQ , Williencourt C'est beaucoup, et pourtant quasiment que des très grandes soirées. 2. Commentaires manquants Grande résurrection inattendue d'une œuvre crue détruite dans l'incendie de l'Opéra-Comique, finalement partiellement retrouvée et tout à fait reconstruite, Don César de Bazan, composé tôt dans sa carrière (juste après Le Roi de Lahore, son premier) figure parmi les toutes dernières partitions inédites de Massenet pour l'opéra. La plupart de ce qui reste se résume à des œuvres légères de prime jeunesse ou à des œuvres inachevées et souvent perdues (La Coupe du Roi de Thulé sur le livret d'É. Blau et Gallet figure parmi les plus intriguantes). Des œuvres écrites après sa trentième année et non perdues, il n'y a plus guère que Bacchus qui n'ait pas été remonté (il me semble) et qu'Ariane et Panurge qui ne disposent pas d'enregistrement officiel. Le résultat s'est révélé remarquable : œuvre d'essence plutôt légère, mais dont la musique n'est nullement triviale, Bazan explore la vie supposée du personnage plaisant de Ruy Blas de Hugo ; la pièce de théâtre initiale (écrite près de 30 ans plus tôt par le futur librettiste de Massenet, en collaboration avec l'ancien directeur du Théâtre des Variétés) est commandée par le créateur du rôle chez Hugo qui voulait conserver son personnage tout en ayant le premier rôle. L'opéra de Massenet qui se fonde sur lui est une sorte de vaudeville (mais au contenu musical très développé et sérieux, comme un opéra comique) qui joue avec la mort (et se laisse quelquefois rattraper), débutant en beuverie, se constellant d'amitiés sincères, culminant avec une évasion, et finissant par faire du frippon le mari le plus soucieux des convenances (assez étonnant comment cet opéra au ton supposément canaille finit par laisser au transgresseur les clefs des convenances les plus bourgeoises), mettant à la porte le roi. Plaisant, vif, plein de séductions, et servi par une équipe musicale extraordinaire (en particulier Dumora et Sarragosse, et par-dessus tout l'orchestre des Frivolités Parisiennes, du grand premier choix !), une résurrection méritée dans les murs mêmes où le Don César en version parlée fut créé – Théâtre de la Porte Saint-Martin. Pas eu le loisir non plus de dire mon émerveillement devant le programme des danseurs de l'École de l'Opéra, et pas seulement à cause de l'enthousiasme et de la qualité des jeunes interprètes, d'une qualité d'expression rarement vue, pour ma part, chez leurs aînés. Trois ballets courts. La musique de Paulli est peut-être la pire chose que j'aie entendu… certes, il s'agit d'imiter une école de danse et la muzak qui y sévit, mais même un exercice d'harmonie de première année sonne mieux, on dirait que le but est de produire la plus mauvaise musique possible sans enfreindre aucune règle. À côté, Anna Bolena, c'est déroutant et tendu comme Pierrot Lunaire. Presque physiquement violent. En revanche, belle réussite pour Les Forains de Roland Petit, jolie histoire mélancolique sur une musique de Sauguet qui tire adroitement parti de l'univers du cirque, avec beaucoup de couleurs et d'assemblages un peu crus et très variés ; et surtout, surtout, l'éblouissement du Piège de lumière de John Taras, avec une musique lyrique du Damase des grands jours, nullement répétitif ou prévisible, osant des coloris sombres qui lui sont moins familiers, même dans les tourments de L'Héritière ou les trahisons de Colombe . L'argument du ballet est lui-même très inhabituel et assez prenant, pour une fois : des détenus d'un pénitencier s'échappent , et bien sûr de rayonnants épanchements.dans la forêt vierge. Pris par la soif, l'un d'eux voit des papillons s'ébattre autour de lui comme dans un délire. L'occasion de sacrés contrastes visuels et sonores, et une intrication de deux sujets incompatibles très réussie. Entendre le Rosenkavalier en salle a été une expérience extraordinaire : contrairement au disque, l'orchestre domine et la finesse de l'écriture, la récurrence des motifs frappent en pleine figure ; c'est toute la science de Wagner au service d'une expression guillerette, mais pas moins raffinée ni profonde. Une des expériences musicales les plus impressionnantes que j'aie faites, alors même que je ne suis (toujours) pas un gros client de l'œuvre au disque – chez le Strauss « conversationnel », j'aime davantage Intermezzo et surtout Arabella. Mais le Rosenkavalier, malgré son livret pas complètement bien proportionné, justifie sa haute réputation par l'ambition de sa musique, très impressionnante. (Par ailleurs, cette fois-ci, les qualités de détail de Philippe Jordan, audibles à la radio mais pas toujours en salle, étaient complètement perceptibles, ce qui ajoutait à l'impression d'extraordinaire.) En fin de saison, quelques grands moments d'émotion toute nue, avec de la musique de chambre interprétée avec chaleur (n°99 & 101) : entendre ces œuvres bien structurées s'épanouir dans l'acoustique sobre d'une cour d'hôtel, dans une atmosphère qui n'a pas du tout les pesanteurs de la saison officielle (où, surtout à Paris, le public vient souvent à l'adulation ou à la curée), et par de jeunes musiciens encore émerveillés de toucher à ces chefs-d'œuvre (quoique parfaitement aguerris), c'est la musique brute, au delà de toutes les questions accessoires. Dans certains cas, partition (discrètement) en main, pour profiter de tous les détails. L'impression de revenir à l'essentiel, d'une certaine façon. 3. Statistiques 3a. Statistiques : lieux fréquentés Septième saison francilienne, et cependant encore un assez respectable taux de renouvellement des salles : 101 soirées, 43 lieux, dont 15 nouveaux. Soit un tiers de lieux inédits (notés en gras). (Philharmonie 1 & 2 : 30) Philharmonie : 22 (MR total : 14) (Conservatoires total : 13) MR auditorium : 10 TCE : 10 (CNSM total : 9) (Opéra de Paris total : 8) CiMu : 7 Opéra Bastille : 5 (Soubise total : 4) Parc Floral : 4 -- CNSM (salle Fleuret) : 3 CNSM (Salle d'art lyrique) : 3 MR Studio 104 : 3 Palais Garnier : 3 Hôtel de Soubise (cour de Guise) : 3 38Riv' : 3 CNSM, salle d'orgue : 2 CRR Auditorium Landowski : 2 Cité Internationale des Arts : 2 Versailles (Opéra Royal) : 1 Musée d'Orsay : 1 Billettes : 1 Gaveau : 1 Salle Cortot : 1 Invalides (grand salon) : 1 Châtelet : 1 Hôtel de Soubise (salon) : 1 Hôtel des Menus-Plaisirs : 1 Salle des Concerts du Vieux Conservatoire : 1 Salle de répétition 1 de la Philharmonie : 1 CNSM, salon Vinteuil : 1 NDP, côté portail Ouest : 1 Saint-Gervais : 1 Notre-Dame des Bancs Manteaux : 1 Sainte-Élisabeth-du-Temple : 1 Église Saint-Charles de Joinville-le-Pont : 1 MR Studio 105 : 1 Théâtre de la Porte Saint-Martin : 1 Théâtre Trévise : 1 Vieux-Colombier : 1 Théâtre de Ménilmontant : 1 Cinéma Le Balzac : 1 Grand Salon du Lycée d'État Jean Zay : 1 Sans doute liée à la fermeture de théâtres lyrique comme l'Opéra-Comique et l'Athénée (et aussi à la programmation sympa, à l'effet de nouveauté, etc.), claire avance de la Philharmonie, et de Radio-France (gonflé par les places impossibles à revendre, précisons-le…). Présence significative des conversatoires, des Champs-Élysées, contre-performance de Versailles (malgré le très beau programme !), de l'Opéra de Paris, des Billettes (ce sera peut-être pire la saison prochaine vu le programme très italien-XVIIIe), du Musée d'Orsay (toute la bonne came est le midi en semaine, et c'est encore pire pour la saison à venir !). 3b. Statistiques : genres écoutés Pour la première fois, il me semble, l'opéra n'est pas en première place, grosse orgie symphonique. Belle proportion de musique de chambre aussi, ça manquait cruellement les années passées. Symphonique : 36 (dont baroque 2, classique 8, romantique 21, décadent 7, moderne 14, néo- 1, cœur XXe 3, contemporain 9) Opéra : 21 (dont 8 scéniques, 10 en concert – et les autres ? ; dont 10 en français, 7 en allemand, 4 en italien ; dont premier baroque 1, tragédie lyrique 5, seria 1, opéra comique 1, grand opéra 3, romantique 5, décadent 2, atonal 1, contemporain 1) Chambre : 18 (dont baroque 3, classique 2, romantique 7, décadent 2, moderne 6,contemporain 3 ; violon-piano 1, violon orgue 1, quatuor piano-cordes 1, quatuor 5, piano 5, nonette à vent 1) Lied & mélodie : 11 (dont airs espagnols 1, air de cour 2, mélodies françaises 2 ; avec ensemble 1, avec orchestre 4, en quatuor vocal 1) Musique vocale sacrée : 11 (dont baroque allemand 2, baroque français 2, classique 2, XIXe français 2, XIXe italien 1, XIXe allemand II, XXe 1, XXIe 1) Orgue : 6 (dont baroque 3, moderne 3, contemporain 1, improvisations 2) Récital d'opéra : 6 (tragédie lyrique 4, seria 1, diplôme 1) Improvisations : 5 Ballet : 4 (scénique 2, triple-bill 2, concert 2) Ciné-concert : 3 Théâtre : 4 (dont Ibsen 1) Chœurs profanes : 2 Spectacle musical : 4 Traditionnel : 2 Chanson : 2 Piano : 2 Jazz : 1 Pop : 1 Comédie musicale : 1 Vous noterez que les récitals vocaux sont à peu près exclusivement dévoués au lied, à la mélodie et à la tragédie en musique… Prendre en tranches les parties les moins intéressantes des opéras les plus rebattus, bof. Très peu de théâtre cette année, faute de temps vu la place occupée par les concerts… (et puis un seul Ibsen autre que Dukkehjem) Quelques titres supplémentaires cet été – Marivaux avec chants a cappella à la Comédie Nation, La Poupée sanglante d'après Gaston Leroux à la Huchette, également jubilatoires – mais ils entreront dans la statistique de la saison prochaine. 3c. Statistiques : époques musicales traditionnel : 2 XVIe1 : 1 XVIe2 : 3 XVIIe1 : 6 XVIIe2 : 14 XVIIIe1 : 16 XVIIIe2 : 14 XIXe1 : 23 XIXe2 : 47 XXe1 : 35 XXe2 : 18 XXIe : 17 En réalité plus représentatif de l'offre que de choix réels, mais il est certain qu'à la jointure du XIXe et du XXe siècles, les grandes machines orchestrales des symphonies et des opéras ont une réelle plus-value avec l'impact physique de la salle. Ce sont aussi des musiques complexes qui bénéficient d'une écoute attentive et d'un support visuel. Mais clairement, il y aurait plus d'offre en XVIIe, l'écart ne serait pas du tout le même. 3d. Statistiques : orchestres et ensembles 28 orchestres, dont 13 découvertes en salle, soit près de la moitié (notés en gras). Et beaucoup de grands noms ou de découvertes assez épatantes. Orchestre de Paris 11 (+ membres 1) Orchestre Philharmonique de Radio-France 9 Orchestre de l'Opéra de Paris 6 Orchestre National de France 4 (+ membres 1) Orchestre de chambre de Paris 4 Chamber Orchestra of Europe 3 Les Frivolités Parisiennes 2 Orchestre Colonne 2 Orchestre National d'Île-de-France LSO Radio de Munich Capitole de Toulouse Orchestre Philharmonique de Strasbourg Ut Cinquième Orchestre des Lauréats du CNSM Orchestre des Étudiants du CNSM Orchestre du Bureau des Étudiants du CNSM Orchestre des Jeunes du CRR Orchestre Lamoureux Brussels Philharmonic Tonhalle Zürich Elbphilharmonie de la NDR de Hambourg Le Palais-Royal Orchestre du Festival de Lucerne Orchestre Symphonique de Cleveland Opéra de Munich (Bayerisches Staatsorchester) SWR Freiburg Baden-Baden Orchestre de chambre Pelléas Arrêt des Putti d'incarnat Meilleur orchestre de la saison, sont nommés : Brussels Philharmonic (The Artist de Bource), Tonhalle de Zürich (concerto pour piano de Grieg), Orchestre de Paris (Sibelius 3,4,5), Orchestre National d'Île-de-France (Tchaïkovski 2, Clyne), Les Frivolités Parisiennes (Le Farfadet, Don César de Bazan), Chamber Orchestra of Europe (Symphonies de Mendelssohn et Bizet), Opéra de Paris (Rosenkavalier). ♥♥ Attribué à : Orchestre National d'Île-de-France. Pas le plus virtuose malgré de superbes cordes graves (la petite harmonie est clairement en deçà des standards des grands orchestres), mais à chaque fois une intensité hors du commun et l'exaltation palpable des musiciens. N'a pas de prix. [notule ] ♥ Dauphin : Les Frivolités Parisiennes. Quelle divine surprise, avec de ce qui devrait théoriquement être un orchestre de cacheton (ou de professionnels passionnés mais de seconde zone), de rencontrer un orchestre d'une précision remarquable, et de dotés de timbres personnels et chaleureux, un vrai son français au meilleur sens du terme, franc, doté d'un grain très physique, et sans les défauts d'approximation ou de laideur qu'on y associe souvent. [notule ] De même, un assez grand nombre d'ensemble sur instruments anciens (et 8 sur 14 étaient des premières écoutes en salle) : Les Talens Lyriques Le Cercle de l'Harmonie Le Concert Spirituel Le Concert d'Astrée Ensemble baroque du CNSM Ensemble Pygmalion Ensemble La Fenice Il Pomo d'Oro Ensemble Zaïs Ensemble Pulcinella Ensemble Marguerite Louise Le Vaisseau d'or Étudiants de Versailles et Cergy autour de Marie van Rhijn Orchestre issu du département de musique ancienne du CRR de Paris Arrêt des Putti d'incarnat Meilleur ensemble sur instruments anciens de la saison, sont nommés : Les Talens Lyriques (Armide de LULLY), Le Cercle de l'Harmonie (Olympie de Spontini), La Fenice (Orfeo de Monteverdi), Ensemble baroque du CNSM (récital LULLY dirigé par Emmanuelle Haïm), Ensemble Zaïs (autour d'Ariane), Il Pomo d'Oro (Rinaldo de Haendel), Ensemble Pulcinella (récital Magiciennes de Petibon), Ensemble Marguerite Louise (motets de Charpentier) ♥♥ Attribué à : La Fenice. La variété des couleurs d'ensemble est formidable, mais c'est plus encore la présence individuelle de chaque interprète qui impressionne (à commencer par le cornetiste-chef, la violoniste-soprano, ou le théorbiste-baryton Nicolas Achten). En plus, une vision assez renouvelée et cohérente d'un bijou rabâché – L'Orfeo. [notule ] ♥ Dauphin : Ensemble baroque du CNSM. Quel sens du style ! Il Pomo d'Oro dans le seria, à la fois virevoltant et sans tropisme pour les effets extérieurs, ou bien la finesse du continuo de l'Ensemble Zaïs méritaient les plus beaux éloges. Enfin, deux ensembles spécialistes en musique contemporaine : Ensemble Intercontemporain (hommage à Boulez) Ensemble Recherche (participant au Prometeo de Nono) 3e. Statistiques : chœurs 22 formations, dont 10 nouvelles. Chœur ONP x5 Chœur OP x4 Maîtrise de Radio-France x2 Chœur RF x2 Maîtrise OP Maîtrise NDP Radio Flamande Radio Bavaroise WDR Köln NDR Chor Chœur Lamoureux Accentus Frivolités Parisiennes Le Palais-Royal Chœur ad hoc Châtelet Sondheim Pygmalion Concert Spirituel Le Vaisseau d'or RIAS Kammerchor Schola Heidelberg Chœur de chambre de Namur Voces8 Voces8 est un peu à part, étant un ensemble à 8 (extraordinaire collectivement, individuellement, stylistiquement…). Une référence aussi bien pour les Motets de Bach que pour les transcriptions de standards de jazz. Arrêt des Putti d'incarnat Meilleur chœur de la saison, sont nommés : Chœur de l'Orchestre de Paris (Requiem de Verdi), Maîtrise de Radio-France (Litanies de Poulenc, Chœurs de Franck), Chœur du Palais-Royal (La Création de Haydn en français), Chœur féminin du Vaisseau d'or (Messe du Port-Royal de Charpentier) Chœur de l'Orchestre de Paris ♥♥ Attribué à : Chœur de l'Orchestre de Paris. [notule ] ♥ Dauphin : Maîtrise de Radio-France. 3f. Statistiques : chefs 64 chefs d'orchestre, dont 37 entendus pour la première fois en salle (et un certain nombre tout simplement découverts dans l'absolu). Chefs multi-fréquentés Paavo Järvi x7 (OP) Philippe Jordan x4 (Opéra de Paris) Emmanuelle Haïm x2 (Ensemble baroque du CNSM, Concert d'Astrée) Daniele Gatti x2 (ONF) Roger Norrington x2 (OPRF) Thomas Hengelbrock x2 (NDR Hambourg, OP) Jean-Philippe Sarcos x2 (fondateur Palais Royal) Avec orchestres franciliens Fabio Luisi (Opéra de Paris) Nicola Luisotti (Opéra de Paris) Christoph von Dohnányi (OP) Gianandrea Noseda (OP) David Zinman (OP) Edward Gardner (ONF) Fabien Gabel (ONF ; ancien assistant de Zinman) Mikko Franck (OPRF) Eliahu Inbal (OPRF) Ton Koopman (OPRF) Patrick Davin (OPRF) Jakub Hrůša (OPRF) Kwamé Ryan (OPRF) Andy Einhorn (OPRF dans Sondheim) Douglas Boyd (OCP) John Nelson (OCP) Laurence Équilbey (OCP) François-Frédéric Guy (OCP) Enrique Mazzola (ONDIF) Guillermo García Calvo (Lauréats du CNSM dans Sauguet et Damase) Xavier Delette (Orchestres des Jeunes du CRR) Marion Ladrette (Orchestres des Jeunes du CRR) François Boulanger (Garde Républicaine) Matthias Pintscher (EIC) Laurent Petitgirard (Colonne) Gavin Sutherland (Colonne) Antoine Marguier (Lamoureux) Mathieu Romano (Frivolités Parisiennes – Bazan) Nicolas Simon (Frivolités Parisiennes – Farfadet) Benjamin Levy (fondateur orchestre de chambre Pelléas ; ancien assistant de Zinman) chefs du BDÉ du CNSM Romain Dumas (Ut Cinquième) Avec orchestres invités Frank Strobel (Philharmonique de Strasbourg) Tugan Sokhiev (Toulouse) Ernst Van Tiel (Brussels Philharmonic) Yannick Nézet-Séguin (COE) Antonio Pappano (COE) Valery Gergiev (LSO) Ingo Metzmacher (SWR Baden-Baden Freiburg) Matilda Hofman (SWR Baden-Baden Freiburg) Andris Nelsons (Lucerne) Lionel Bringuier (Tonhalle Zürich) Ulf Schirmer (Radio de Munich) Kirill Petrenko (Opéra de Munich) Franz Welser-Möst (Cleveland) Putti d'incarnat Meilleur chef d'orchestre, sont nommés : Paavo Järvi (Sibelius 5, Bruckner 5), Philippe Jordan (Rosenkavalier), Roger Norrington (Haydn), Christoph von Dohnányi (Dvořák 7), Gianandrea Noseda (Requiem de Verdi), David Zinman (Le Prince de bois de Bartók), Edward Gardner (Tchaïkovski 1), Eliahu Inbal (Bruckner 9), Ton Koopman (Beethoven 2), Jakub Hrůša (Martinů 6 & Premier Concerto pour violoncelle), Kwamé Ryan (Métaboles), Enrique Mazzola (Tchaïkovski 2), Frank Strobel (Berlin de Meisel), Yannick Nézet-Séguin (Intégrale Mendelssohn), Antonio Pappano (Symphonie en ut de Bizet), Valery Gergiev (L'Oiseau de feu de Stravinski), Mikko Franck (Poulenc, Dutilleux). ♥♥ Attribué à : Honnêtement, pas possible de choisir entre les structures de Järvi, le détail poétique de Jordan, le tranchant de Dohnányi, l'élan de Noseda et Zinman, l'intensité d'Inbal et Gardner, le goût parfait de Koopman… Mais puisqu'il faut bien en distinguer quelques-uns, alors ce seront Mazzola, Koopman, Järvi et Inbal. Et Gardner, et Dóhnanyi, et Jordan, et Strobel… Stop, stop, c'est reparti ! Avec ensembles sur instruments anciens Emmanuelle Haïm x2 (Ensemble baroque du CNSM, Concert d'Astrée) Jean Tubéry Hervé Niquet Christophe Rousset Vincent Dumestre Jérémie Rhorer Raphaël Pichon Gaétan Jarry (Ensemble Marguerite Louise) Héloïse Gaillard (Pulcinella) Marie van Rhijn (Étudiants de Versailles et Cergy) Sébastien Marq (Département Musique Ancienne CRR Paris) Stefano Montanari (chef invité par Il Pomo d'Oro) Martin Robidoux (fondateur Vaisseau d'Or) Meilleur chef d'ensemble spécialiste, sont nommés : Vincent Dumestre (Guédron & Friends), Jean Tubéry (L'Orfeo), Emmanuelle Haïm (LULLY avec le CNSM, surtout pas avec son ensemble !), Héloïse Gaillard & Violaine Cochard (Pulcinella), Marie van Rhijn (Alcide de Marais), Sébastien Marq (L'Europe galante), Stefano Montanari (Rinaldo). ♥♥ Attribué à : Vincent Dumestre toujours à la pointe des meilleurs arrangements dans l'air de cour du début du XVIIe siècle. ♥ Dauphine : Emmanuelle Haïm pour son travail avec les étudiants du CNSM dans LULLY (le récital du même répertoireavec son ensemble sentait au contraire la routine et le peu d'entrain…). 3g. Statistiques : metteurs en scène & chorégraphes Wernicke, Bieito, Guth, Herheim, Hermanis, Castellucci, les metteurs en scène les plus en vogue se sont succédés dans ma saison scénique (pourtant limitée en nombre). Dominique Pasquet (Les Sincères de Marivaux) Jean-Louis Benoît (I Quattro Rusteghi de Goldoni) Alvis Hermanis (La Damnation de Faust de Berlioz-Nerval-Gandonnière) Claus Guth (Rigoletto de Verdi & Piave) Pascal Neyron (Le Farfadet d'Adam & Planard) Anna-Marie Holmes (chorégraphie pour Le Corsaire d'Adam, d'après celle de Sergueïev – d'après celle de Petipa) August Bournonville (chorégraphie pour Conservatoire de Holger-Simon Paulli) Stefan Herheim (Die Meistersiner von Nürnberg de Wagner) Claudine Gabay (John Gabriel Borkman d'Ibsen) Damien Bigourdan (Don César de Bazan de Massenet & d'Ennery, Dumanoir, Chantepie) Herbert Wernicke (Der Rosenkavalier de R. Strauss & Hofmannsthal) Romeo Castellucci (Moses und Aron de Schönberg) John Taras (chorégraphie pour Piège de lumière de Damase) Roland Petit (chorégraphie pour Les Forains de Sauguet) Calixto Bieito (Lear de Reimann & Henneberg-Zimmer) Fanny Ardant (Passion de Sondheim & Lapine) Éric Chantelauze (La Poupée sanglante de Didier Bailly & Jérôme Chantelauze) Je ne compte pas les mises en espace de circonstance (Kosma et Notre Falstaff au CNSM, L'Europe Galante au CRR, Alcide aux Menus-Plaisirs, ni La Favola d'Orfeo par Tubéry à Gaveau, remarquablement suggestive d'ailleurs, avec ses musiciens chantants qui se lèvent ou apparaissent dans les loges !). Chacun assez conforme à ses habitudes : Hermanis un peu perdu par ses propres concepts (potentiellement stimulants, mais tellement déconnectés de la scène), Guth dans un bon jour pas trop hardi (le double de Rigoletto ne dit pas grand'chose, en revanche le carton mobile est très beau et renvoie efficacement les voix), Herheim dans l'univers où il excelle (niveaux de lecture multiples, beauté plastique, lisibilité et direction d'acteurs permanente, même chez ceux qui se taisent), Castellucci plaisant visuellement sans chercher à construire un récit, Wernicke que je n'avais jamais vu aussi subtil (malgré les reprises en son absence, gestuelle très précise et riche)… chacun a fait ce qu'on attendait de lui. Seul Bieito m'a paru décevant eu égard à ses standards : peu d'usage de la profondeur de scène, personnages peu caractérisés, ensemble plutôt statique, et un peu comme la musique, grande uniformité des aspects visuels gris. Dans le genre sombre, très loin de la réussite de son Wozzeck magnétique, par exemple. En revanche, beaucoup de choses très impressionnantes dans les petites salles : la finesse des dialogues se prolonge dans de délicats intermèdes musicaux a cappella chez Dominique Pasquet (nouveau collectif Les Sincères), la place laissée par Jean-Louis Benoît à la verve des meilleurs acteurs comiques du Français (Hecq, Raffaelli…), la vie apportée à un petit opéra comique par Pascal Neyron, l'adroite scénographie avec des moyens limités chez Damien Bigourdan, et l'inventivité épatante de cette fresque racontée à trois acteurs dans la Poupée de Chantelauze… autant de régals. S'il fallait faire ici aussi une remise de prix, ce serait par la force des choses Herheim (virtuose au dernier degré) voire Wernicke (dans un ouvrage plus facile à servir, mais fin et plastique à la fois, c'est toujours un enchantement. Mais, avec les moyens très limités (ne serait-ce que l'espace de 10m², sans décor), sans doute encore plus impressionné par la justesse de Pasquet et l'inventivité débridée de Chantelauze. Pour la chorégraphie, musique, sujet, chorégraphie (et même qualité des danseurs), tout plaide pour Piège de lumière, une des grandes musiques de Damase, pas du tout une pièce de circonstance aux ressorts un peu répétitifs (comme ses concertos par exemple), mais au contraire un univers riche et généreux, de plus extrêmement avenant pour tout public (sorte de Poulenc lyricisé). Sur un argument à la fois original et propice aux épanchements féeriques. 3h. Statistiques : instrumentistes Autre nouvelle catégorie. Où l'on recense tous les solistes entendus et distingue quelques chambristes particulièrement remarquables. Pianistes : ► François-Frédéric Guy (Beethoven 3 & 5), Lars Vogt (Brahms 2, puis Mozart), Denis Pascal (dans le Burleske de R. Strauss), Jean-Efflam Bavouzet (Rachmaninov 2), Romain David (Koechlin), Emmanuel Ax (Beethoven 2), Momo Kodama (Mozart 23), Maroussia Gentet (Dutilleux), Pierre Thibout (Tannhäuser), Nicolas Chevereau (Thaïs), Radu Lupu (Beethoven 3), Jean-Yves Thibaudet (Grieg). → Hors solistes internationaux : Pierre Thibout et Nicolas Chevereau (par accompagnateur régulier de L'Oiseleur des Longchamps) se produisaient comme élèves de la classe de direction de chant d'Erika Guiomar. Violonistes : ► Simon Ehnes (Britten), Stéphanie Moraly (Koechlin), Julian Rachlin (Prokofiev 2), Francesca Borrani (tutti Mendelssohn), Gil Shaham (Brahms), Joshua Bell (Tchaïkovski), Émeline Concé (Boutry, Ravel), Fanny Robilliard (Brahms, Quatuor avec piano n°3). → Hors solistes internationaux : Francesca Borrani est violon solo à l'Orchestre de Chambre d'Europe (COE), Émeline Concé est le premier violon du Quatuor Akilone (et aussi chef d'attaque des seconds violons à l'Orchestre Lamoureux), Fanny Robilliard est membre du Trio Karénine (avec piano), et occasionnellement de Musica Antiqua Köln et de l'ensemble baroque du Philharmonique de Berlin. Altistes : ► Beaucoup d'excellents entendus (chefs de pupitre au Philharmonique de Radio-France pour Dutilleux, ou à la Tonhalle de Zürich pour Dvořák…), mais réellement mis en valeur, et de toute façon la plus passionnante, Sarah Chenaf (du Quatuor Zaïde) emporte la palme. Violoncellistes : ► Johannes Moser (Martinů 1 révisé), Sol Gabetta (Saint-Saëns 1), Gautier Capuçon (Dvořák 2). Flûtistes : ► Philippe Bernold (Mozart harpe), Emmanuel Pahud (Widmann), Vincent Lucas (Nielsen), Clara Andrada de la Calle (Bizet, Symphonie). → Hors solistes internationaux : Vincent Lucas est solo à l'Orchestre Paris (venu jouer le concerto de Nielsen), Clara Andrada de la Calle est solo à l'Orchestre de Chambre d'Europe. Ondiste : ► Thomas Bloch (dans Thilloy). Pour beaucoup d'entre eux – sauf Capuçon (entendu dans la même œuvre il y a un peu plus de quinze ans !), Lupu (il y a un peu plus de dix ans), Shaham (idem) et Concé (trois fois rien que cette année !) –, c'était la première fois que je les entendais en salle. Et à présent, les distinctions : Putti d'incarnat Meilleur pianiste de la saison, sont nommés : Emmanuel Ax (Beethoven 2), Romain David (Koechlin), Pierre Thibout (Tannhäuser), Nicolas Chevereau (Thaïs), Radu Lupu (Beethoven 3), Jean-Yves Thibaudet (Grieg). ♥♥ Attribué à : Pierre Thibout. « Rien qu'en plaquant les accords simples de la marche des pèlerins de Tannhäuser, on entendait la causalité de chaque accord, chacun pourvu d'un relief extraordinaire… on entendait Wagner composer ! » [notule ] ♥ Dauphin : Romain David. « il est facile d'être un peu décontenancé et mécanique dans les contrepoints du Koechlin, par exemple, mais ici on sentait au contraire (et plus encore lorsqu'on a l'habitude de l'écouter, le lire ou le jouer) un soin apporté à chaque section. Pas de camouflage à la pédale au piano, pas de régularité négligente, au contraire chaque phrasé semble avoir été patiemment pensé. » [notule ] ♥ … au demeurant très impressionné par la présence sonore d'Emmanuel Ax, dans une œuvre que j'ai longtemps crue (à tort, je l'admets) mineure. Meilleur violoniste de la saison, sont nommés : Simon Ehnes (Britten), Stéphanie Moraly (Koechlin), Francesca Borrani (violon solo du COE, tutti Mendelssohn), Émeline Concé (Boutry, Ravel), Fanny Robilliard (Brahms, Quatuor avec piano n°3). ♥♥ Attribué à : Stéphanie Moraly. « malgré l'acoustique très précise et impitoyable, une interprétation d'une précision extraordinaire (même chez les très bons, une telle justesse d'intonation chez un violoniste, sur un programme aussi long et technique, est rarissime) et travaillée dans ses moindres recoins [...] Stéphanie Moraly présentait très brièvement chaque pièce avec chaleur, aisance, un sens de l'anecdote, [...] un ton très direct [...] et une très jolie voix, souple et mélodieuse. » [notule ] ♥ Dauphine : Émeline Concé. « Le Quatuor Akilone s'exprime par un beau truchement : un son franc, bien étagé, physique, brillant mais sans rondeurs inutiles. Dans Ravel, on a l'impression de revenir aux sources d'un goût français du sans façons, loin des fondus d'orchestre et des épaisseurs confortables. Et, surtout : elles savent phraser ! La moindre articulation du discours est amenée avec naturel, et dans une pièce aussi souvent jouée et enregistrée, elles se frayent un chemin personnel sans le moindre effet appuyé. De la musique en barre, émouvante avant d'être (très) impressionnante. » [notules ] ♥ … et je n'ai jamais vu konzertmeisterin aussi ardente et communicative que Borrani, ni soliste aussi aisé et musical (dans l'assommante choucroute virtuosissime et amélodique de Britten) qu'Ehnes, on aurait pu prolonger la distribution. Meilleur altiste de la saison : Louise Desjardins (Quatuor Akilone) dans le Huitième Quatuor de Beethoven, Sarah Chenaf (Quatuor Zaïde) dans le Troisième Quatuor avec piano de Brahms, Jean-Baptiste Brunier (alto solo de l'OPRF) dans la Seconde Symphonie de Dutilleux. ♥♥ Attribué à : Sarah Chenaf (membre du Quatuor Zaïde, également primé à Bordeaux). Impressionné par sa présence exceptionnelle dans des pièces de musique de chambre (Troisième Quatuor avec piano de Brahms, en particulier) où elle devrait être cachée milieu de l'harmonie, et où elle fait primer chaque détail avec un charisme rare dans ces parties. Meilleur violoncelliste de la saison, sont nommés, sont nommés : Johannes Moser (Martinů 1 révisé), Sol Gabetta (Saint-Saëns 1). ♥♥ Attribué à : Johannes Moser. « … bien que complètement de dos, le son parvenait sans effort, parfaitement timbré (pas du tout ce côté élimé et râpeux fréquent dans le violoncelle concertant, sans être du gros son pour autant)… le tout culminant dans une sarabande de Bach (Première Suite), murmurée mais timbrée comme à pleine puissance, osant même les diminutions dans les reprises. Il pourrait paraître un excellent violoncelliste parmi d'autres, mais dans la salle, on s'aperçoit vraiment qu'il s'agit d'un interprète particulièrement exceptionnel. » [notule ] ♥ Dauphine : Sol Gabetta. En salle, le son un peu poussé ou geignard qu'on entend en retransmission disparaît complètement, et se projette glorieusement, avec assez bon goût d'ailleurs – même si l'on demeure très loin, tout de même, de la classe intersidérale et inaccessible de Moser. Meilleur flûtiste de la saison, sont nommés : ♥♥ Attribué à : Clara Andrada de la Calle. « meilleure flûte solo [du COE] de tous les temps : comment est-il possible de timbrer aussi rondement (et d'exprimer aussi bien) sur ce petit tube dont les plus grands tirent souvent des sons lourdement empreints de souffle ! » [notule ] 3i. Statistiques : chanteurs Comme chaque année, beaucoup d'interprètes exceptionnels dont je ne peux pas forcément parler à chaque fois… Voici leurs noms. Légende : ¶ Formidable comme d'habitude ¶ Opinion améliorée par rapport à une précédente expérience ¶ Première audition en salle Sopranos : ♪ Agathe Boudet (Port-Royal), ♪ Cécile Madelin (Sangaride, Zemlinsky), ♪ Cécile Achille (Port-Royal), ♪ Marie Perbost (Spanisches Liederspiel), ♪ Julia Lezhneva (Almirena), ♪ Marie-Adeline Henry (Armide), ♪ Michaela Kaune (Werdenberg), ♪ Erika Grimaldi (Requiem de Verdi), ♪ Amber Wagner (Ariadne). Mezzo-sopranos : ♪ Eva Zaïcik (Rosina, Spanisches Liederspiel), ♪ Niina Keitel (Lene), ♪ Stephanie Houtzeel (Octavian), ♪ Jennifer Johnson (Mahler 3). Contre-ténors, falsettistes : ♪ Bruno Le Levreur (Guédron), ♪ Paul-Antoine Benos (Cid, Zemlinsky) Ténors : ♪ Paul Belmonte ? / Alexandre Cerveux ? (Alcide – divergence entre les programmes !) ♪ Pablo García (Spanisches Liederspiel), ♪ Oliver Vincent (Voces8), ♪ Serge Goubioud (Guédron), ♪ Kevin Connors (Tanzmeister dans Ariadne), ♪ Jean-Noël Teyssier (Bastien dans Le Farfadet) ♪ Mathias Vidal (Persée, Cassandre), ♪ Fabien Hyon (Atys), ♪ Andrew Staples (Serenade de Britten), ♪ Francesco Demuro (le chanteur italien), ♪ Michael Fabiano (Duca di Mantova), ♪ Saimir Pirgu (Requiem de Verdi), ♪ Jonas Kaufmann (Bacchus, Damnation de Faust), ♪ Brandon Jovanovich (Stolzing), ♪ John Graham-Hall (Aron). Barytons : ♪ Marc Mauillon (Guédron, La Haine), ♪ Nicolas Achten (berger de l'Orfeo), ♪ Andreas Wolf (Argante), ♪ Christian Immler, ♪ Jean-Baptiste Dumora (César de Bazan), ♪ Steven Humes (Marke), ♪ Gerald Finley (Sachs), ♪ Thomas Johannes Mayer (Moses). Basses : ♪ Dingle Yandell (Voces8), ♪ Jean-Claude Sarragosse (Premier Ministre dans Bazan), ♪ Yorck Felix Speer (Cuno), ♪ Günther Groissböck (Pogner), ♪ Peter Rose (Ochs). … les voilà réunis pour une petite remise de prix. Putti d'incarnat Meilleur soprano (léger) de la saison, sont nommées : Agathe Boudet (Port-Royal), Cécile Madelin (Sangaride, Zemlinsky), Marie Perbost (Spanisches Liederspiel), Julia Lezhneva (Almirena). ♥♥ Attribué à : Cécile Madelin. ♥ Dauphine : Marie Perbost. Meilleur soprano (grand format) de la saison, sont nommées : Véronique Gens (Béatrix, Marie), Marie-Adeline Henry (Armide), Michaela Kaune (Werdenberg), Amber Wagner (Ariadne). ♥♥ Attribué à : Véronique Gens. ♥ Dauphines : Amber Wagner, Marie-Adeline Henry. Meilleur mezzo-soprano de la saison, sont nommées : Eva Zaïcik (Rosina, Spanisches Liederspiel), Niina Keitel (Lene), Stephanie Houtzeel (Octavian), Jennifer Johnson (Mahler 3). ♥♥ Attribué à : Eva Zaïcik. ♥ Dauphine : Jennifer Johnson. Meilleur falsettiste de la saison : ♥♥ Attribué à : Paul-Antoine Benos (Cid, Zemlinsky). ♥ Dauphin : Bruno Le Levreur (Guédron). Meilleur ténor (léger) de la saison, sont nommés : Oliver Vincent (Voces8), Serge Goubioud (Guédron), Mathias Vidal (Persée, Cassandre), Fabien Hyon (Atys), Andrew Staples (Serenade de Britten) ♥♥ Attribué à : Mathias Vidal (pour Persée en particulier). ♥ Dauphin : Andrew Staples. Meilleur ténor (grand format) de la saison, sont nommés : Saimir Pirgu (Requiem de Verdi), Michael Fabiano (Duca di Mantova), Jonas Kaufmann (Bacchus, Damnation de Faust), Brandon Jovanovich (Stolzing), John Graham-Hall (Aron). ♥♥ Attribué à : Saimir Pirgu. ♥ Dauphin : Brandon Jovanovich. Meilleur baryton (lyrique) de la saison, sont nommés : Marc Mauillon (Guédron, La Haine), Nicolas Achten (berger de l'Orfeo), Andreas Wolf (Argante), Jean-Baptiste Dumora (César de Bazan). ♥♥ Attribué à : Marc Mauillon. ♥ Dauphins : Andreas Wolf. Meilleur baryton-basse de la saison, sont nommés : Steven Humes (Marke), Gerald Finley (Sachs), Thomas Johannes Mayer (Moses). ♥♥ Attribué à : Steven Humes. ♥ Dauphin : Gerald Finley. Meilleure basse chantante de la saison : ♥♥ Attribué à : Dingle Yandell (Voces8). Meilleure basse noble de la saison, sont nommés : Jean-Claude Sarragosse (Premier Ministre dans Bazan), Yorck Felix Speer (Cuno), Günther Groissböck (Pogner), Peter Rose (Ochs). ♥♥ Attribué à : Yorck Felix Speer. ♥ Dauphin : Günther Groissböck. Je devrais faire la même chose pour les danseurs de ballet, mais j'en ai finalement peu vu, et surtout aimé les petits jeunes de l'Opéra (dans Les Forains de Petit et Piège de lumière de Taras), et l'English National Ballet (Rojo forever)… 4. Ressenti Que souligner, hors l'extrême variété et surabondance de l'offre, très loin d'être épuisée par ce tour d'horizon qui ne reflète que ma pratique personnelle de l'année, le concert n'étant même pas mon premier poste en dépense de temps… Toujours énormément de concerts gratuits (notamment dans les conservatoires, les églises…), originaux, et de haute volée… on peut se faire une saison complète à l'œil, sans rien rogner sur la qualité. Certes, on ne verra pas les orchestres internationaux ni les solistes à la mode, et le niveau individuel de virtuosité sera peut-être (pas systématiquement, loin s'en faut !) moindre. Mais ce sera grand tout de même – car Paris est généreuse. Alors, peut-être souligner la présence de quelques (beaucoup de) superbes raretés, comme les airs de cour de Guédron, le Berlin de Meisel, la Première Symphonie de Walton (symphonie de l'année ?), la Sonate avec violon de Koechlin, etc. Remarqué une fois de plus que le répertoire symphonique français, qui m'exalte tellement au disque, me touche moins fort au concert, à cause de sa forme moins discursive (plus rhapsodique, ou du moins plus contemplative) que les grands monuments germaniques équivalents. Chausson (Soir de fête) et Debussy (Printemps) en l'occurrence, face à Bruckner – que je n'aurais pas dit du même tonnel… La grande surprise des productions lyriques ne provenait pas de Bru Zane cette saison (contrairement au Cinq-Mars fulgurant de Gounod, possiblement son meilleur opéra) : il me semble que la politique de la maison se tourne de plus en plus vers la documentation de ce qui avait du succès au XIXe (David, Joncières…) plus que de ce qui peut marquer notre propre époque. Travail précieux de musicologie et d'historiographie, mais moins stimulant pour le mélomane : Dante de Godard et La Jacquerie Lalo & Coquard n'étaient pas dépourvus de qualités ponctuelles, mais leur inégalité et la faiblesse extrême de leurs livrets expliquent très bien qu'ils n'aient pas été repris au delà de leur propre période. Patrie ! de Paladilhe, La Dame de Monsoreau de Salvayre ou Hernani de Hirchmann, pour se limiter à des titres souvent cités en ces pages (pour le reste, il y en a quelques tombereaux là ). Côté opéra, le grand coup fut frappé, dans le secteur même d'activité de Bru Zane, par Les Frivolités Parisiennes, remarquable compagnie qui emploie les plus fins musiciens (ainsi que d'excellents chefs, chanteurs et metteurs en scène) dans des productions scéniques complètes ; bien que peu subventionnée, elle se produit dans d'adorables théâtres (cette saison, Trévise et Porte Saint-Martin…) avec une qualité de finition épatante et des tarifs très abordables. Pour de l'opéra de veine comique, nul besoin de se forcer à écouter pour la vingtième fois le Barbier de Séville à 50 mètres des chanteurs pour 150€, on a ce qu'il vous faut. Don César de Bazan de Massenet, qu'on avait cru perdu, se révèle, sinon le chef-d'œuvre de son auteur (l'ensemble reste sur un ton en général aimable plus qu'audacieux), une œuvre d'une cohérence et d'une séduction assez imparables. L'année Louis XIV n'a pas permis au CMBV de proposer des explorations majeures en tragédie en musique (plutôt centré cette année sur les célébrations religieuses, programme au demeurant très intéressant.). Cette année, la nouveauté majeure en tragédie lyrique fut le Persée de LULLY dans sa révision massive à un siècle de distance (1682-1770) par Dauvergne, Bury & Francœur, à l'occasion du mariage de Marie-Antoinette ; une partition très différente , très surprenante, mais pas sans charme, grisante par endroit, qui a cependant mis en fureur ceux (je ne dénonce personne ) qui espéraient entendre du LULLY et ont récolté de la déclamation post-gluckiste (malgré la date, ça tire déjà pas mal vers Gossec et Méhul, étrangement) avec des ariettes et des fusées orchestrales post-ramistes. Seule découverte réellement désappointante, Garayev et Thilloy dans un concert coloré d'horizons (Nocturnes de Debussy, Pulcinella de Stravinski, Les Biches de Poulenc) de l'Orchestre Lamoureux (en très petite forme) ; le premier d'un orientalisme insipide, quoique pas déplaisant ; le second, tiré d'une musique de film, brille au concert par une vacuité qui ferait passer les Glassworks pour L'Art de la Fugue après duplications en miroir. Je ne reviens pas sur ma souffrance Migot, récemment partagée avec force jérémiades hyperboliques. Trois soirées auront probablement marqué mon expérience de mélomane et de spectateur : la Deuxième Symphonie de Tchaïkovski par Mazzola, le Rosenkavalier par Wernicke & Jordan, le Berlin de Meisel (dans un arrangement sans cordes) par Strobel et avec projection du film – mais la musique est sublime sans, malgré son caractère figuratif. Des sommets comme on n'en croise pas souvent, même à l'échelle de la démentielle offre francilienne. Et puis quantité de spectacles extraordinaires pour une raison ou une autre (œuvres, interprètes, ambiance générale), et qui n'entraient pas forcément dans l'une ou l'autre catégorie des récompenses : la Poupée sanglante, Armide par Rousset, Walton 1 par Colionne, Sibelius 5 par Järvi, Bruckner 5 par Järvi, Mahler 3 par Järvi, Bazan, Koechlin par Moraly & R. David, Brahms et Fauré par le Trio Karénine + S. Chenaf, Guédron & Friends, Liederpiel à Soubise, récital LULLY au CNSM, Sérénade de Britten par Staples, Shadows of Time couplées avec les Litanies de Poulenc, Dvořák 7 par Dohnányi, Tchaïkovski 1 par Gardner, Requiem de Verdi par Noseda, Meistersinger par Herheim & Jordan, Akilone SQ dans Beethoven 8, Akilone SQ dans Ravel & Boutry, Bruckner 9 par Inbal, Transcriptions des futurs chefs de chant du CNSM, Les Sincères de Marivaux avec intermèdes a cappella, le Farfadet d'Adam à Trévise, le Persée de 1770, The Artist de Bource en concert, I Rusteghi par les comédiens-français, les quatuors avec piano de Marx, Voces8, Piège de lumière de Damase, hommage à Boulez, extraits des Ariane de Marais et de Mouret, Martinů par Hrůša, Beethoven 2 par Koopman… À peu près tout le reste était peut-être un peu moins excessivement génial, mais quand même tout à fait épatant (très bien choisi sans doute, mais au sein d'une offre qui permet de faire 100 concerts épatants tout en ratant beaucoup d'autres grandes soirées…) : Olympie de Spontini, intégrale Mendelssohn du COE, Franck par la Maîtrise de Radio-France, Quatuors de Haensel-Auber-Pleyel, Sibelius 3 par Järvi, Sibelius 4 par Järvi, Dollé-Visée, Trio avec piano 1 de Brahms avec Cartier-Bresson, L'Orfeo par Tubéry, inauguration de l'orgue de la Philharmonie, cantates de Liszt et Gounod, COE & Pappano, airs de cour espagnols, la Création de Haydn en français, le Prince de Bois par Zinman, Rinaldo par Il Pomo d'Oro, concert Dutilleux par Ryan, l'Oiseau de feu par Gergiev, Credo de MacMillan, le Corsaire avec Tamara Rojo, Rigoletto par Guth-Luisotti, Les Animaux Modèles (et Printemps !), le Concerto de Grieg par la Tonhalle, le Freischütz par Hengelbrock… Dans les semi-réussites, peut-être Schubert 5 par Norrington (joué de façon aussi haydnienne, exalte surtout la simplicité et les répétitions), Bach et Mendelssohn par l'Orchestre de Paris (problème de style malgré Hengelbrock, ça ne se fait pas en une nuit), le Tristan d'Audi (musicalement superbe, mais visuellement bâclé un à point qui m'avait presque agacé), Mahler 3 par Cleveland (problème basique de gestion de la tension des phrasés tuilés), Petibon donc



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3 septembre

ARTE : grand cycle Beethoven en octobre

ARTE, cycle Beethoven : les 2,9,16,23,30 octobre 2017. Chaque dimanche d’octobre 2016, ARTE développe tout un cycle dédié au génie de Beethoven. Au programme : concerts de très haut niveau (récitals de piano, séquences symphoniques…) et documentaires. Voyez entre autres, actualité récente oblige… le Concerto pour piano n°3 interprété par lauréat du Prix Reine Elisabeth 2016, le Tchèque Lukáš Vondráček ou encore, le n°4 joué par Hélène Grimaud. Quant à la célèbre Neuvième Symphonie, aboutissement de toute une odyssée musicale qui bouleverse l’écriture orchestrale en inaugurant de plein fouet le feu romantique, elle est diffusée dans la version qu’en avait donné l’Orchestre de Paris dirigé par Philippe Jordan pour son cycle Beethoven lors de la saison 2014/2015 à l’Opéra national de Paris. Le documentaire « L’Affaire Beethoven » revient sur la vie mouvementée de l’artiste, tandis que « Nom de code : Sonate au clair de lune » donne à découvrir la pianiste allemande Elly Ney, interprète pactisant avec Hitler… Soit 10 rvs proposés tout au long des 5 dimanche d’octobre 2015… Dimanche 2 octobre à 18h Hélène Grimaud interprète le concerto n°4 de Beethoven La très charismatique Hélène Grimaud est certainement l’une des grandes concertistes de notre époque. Dans la Salle dorée du Musikverein de Vienne, elle joue le concerto n°4 en sol majeur opus 58. Ce concerto a été composé dans les années 1805/1806, période de création très féconde. C’est aussi à cette période qu’ont été créés le concerto pour violon et Fidélio, l’unique opéra du compositeur. Au pupitre des Wiener Symphoniker, Manfred Honeck ancien directeur général de l’Opéra de Stuttgart, qui préside actuellement aux destinées du Pittsburg Symphony Orchestra. Née en 1969, Hélène Grimaud a commencé le piano à six ans et sorti son premier disque à seize. Elle a fait ses débuts en 1990 aux USA. C’est une femme très engagée qui milite pour les Droits de l’homme et pour l’environnement, avec une attention toute particulière pour la protection des loups. Elle a ainsi cofondée le Wolf Conservation Center à South Salem/New York en 1999. Son autobiographie a paru sous le titre Variations sauvages. Elle vit depuis 2005 en Suisse. Réalisation : Agnes Méth Compositeur : Ludwig van Beethoven Direction: Manfred Honeck Orchestre: Wiener Symphoniker Avec : Hélène Grimaud (piano) A revoir pendant 93 jours sur ARTE Concert : concert.arte.tv Dimanche 2 octobre à 23h55 L’affaire Beethoven (docu, 2013) Comment Beethoven a-t-il pu, après être devenu sourd, composer certains de ses plus grands chefs d’œuvre ? Dans son testament, Ludwig van Beethoven révélait qu’il était déjà presque entièrement sourd à l’âge de 31 ans. En d’autres termes, la majorité de ses oeuvres pionnières – en tout trente-deux sonates pour piano, seize quatuors à cordes, l’opéra Fidelio et ses neuf symphonies mondialement connues – ont été composées alors qu’il était lui-même incapable de les entendre. Ces vingt-cinq années de création restent une énigme dans l’histoire de la musique. Ce documentairecherche à l’élucider en explorant les relations entre la maladie et l’oeuvre de cet artiste de génie. Comment Beethoven a-t-il trouvé la force de se battre contre la progression de ses troubles auditifs ? Quelle influence ont-ils eue sur sa création ? Si l’on se représente volontiers le compositeur comme un personnage irascible et revêche, on le découvre ici sous une facette moins connue, comme un jeune homme combatif, plein de fougue et de joie de vivre. Documentaire de Hedwig Schmutte et Ralf Pleger (Allemagne, 2013, 52mn) Dimanche 2 octobre à 23h55 à minuit 45 (OOh45) Lucerne Festival: Symphonie n° 5 en ut mineur de Beethoven, op. 67 Le 75ième anniversaire du Festival de Lucerne en 2013 a permis d’entendre de merveilleux concerts, dont la Cinquième de Ludwig van Beethoven avec le Mahler Chamber Orchestra dirigé par le jeune chef espagnol Pablo Heras-Casado. La Cinquième de Beethoven dite “Symphonie du Destin” est l’une des oeuvres les plus connues de la musique classique. Pourtant, lors de sa première le 22 décembre 1808, le succès n’était pas vraiment au rendez-vous avec des musiciens qui n’avaient pas assez répété et une salle qui n’était pas chauffée ! La situation était nettement plus favorable à Lucerne. L’Espagnol Pablo Heras-Casado est d’un grand éclectisme dans ses choix musicaux. Venu de la musique ancienne, il s’est ensuite tourné vers le romantisme et les oeuvres modernes. Il est régulièrement invité par les Philharmonies de Berlin et de Munich, le Cleveland Orchestra, l‘Orchestre Philharmonique de Radio France et le Mahler Chamber Orchestra. Le Mahler Chamber Orchestra a été créé en 1997 par Claudio Abbado et d’anciens membres de l’Orchestre des jeunes Gustav Mahler. Cet orchestre de haut vol est composé de 45 musiciens originaires de 20 pays et est l’invité permanent du Festival de Lucerne depuis 2003. Réalisation : Michael Beyer Compositeur : Ludwig van Beethoven Direction : Pablo Heras-Casado Orchestre : Mahler Chamber Orchestra A revoir pendant 90 jours sur ARTE Concert : concert.arte.tv Dimanche 2 octobre à 01h25 Martha Argerich joue Beethoven : Concerto pour piano n°1 Une des oeuvres les plus allègres de Beethoven, interprétée par la flamboyante pianiste d’origine argentine. Le 24 avril dernier, au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, Martha Argerich, icône pianistique mondiale, a interprété le Concerto pour piano n° 1 de Beethoven, l’une des œuvres les plus enthousiastes du compositeur. Un concert auquel la musicienne apporte tout le souffle lyrique de son jeu. Dès l’âge de 8 ans, Martha Argerich, enfant prodige, a été capable d’interpréter cette oeuvre en concert. Et si, depuis quelques années, cette femme de caractère ne joue, plus qu’en formation de chambre ou avec orchestre, chacune de ses prestations fait événement, tant elle est considérée comme l’une des plus grandes pianistes de son époque. Dimanche 9 octobre à 17h50 PHILIPPE JORDAN DIRIGE LA 9ÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN Programme : Fantaisie pour piano, chœur et orchestre en ut mineur, op.80 Symphonie N°9 en ré mineur, op.125 de L.W. Beethoven Tout au long de la saison 2014-2015, ARTE a accompagné le projet ambitieux de Philippe Jordan et de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris : l’interprétation complète des symphonies de Ludwig van Beethoven. Pour clore en beauté ce Cycle Beethoven, Philippe Jordan, les Choeurs et l’Orchestre de l’Opéra national de Paris ont joué à l’Opéra Bastille le 17 juin 2015 l’ultime symphonie du compositeur allemand. La titanesque Symphonie n°9 s’enroule autour d’une structure classique en quatre mouvements, dont chacun se développe puis se déploie de manière grandiose. Toutefois innovante, sa composition dépasse les proportions de la symphonie classique, tant par l’ampleur de son orchestre, que par l’apparition d’instruments qui ne sont présents ni chez Mozart, ni chez Haydn, comme la flûte piccolo, le trombone et le contrebasson. Cette œuvre monumentale s’achève sur un paroxysme majestueux, dont l’aspect dramatique est renforcé par un chœur et un quatuor de voix solistes, qui font résonner le poème « L’Ode à la joie » de Schiller. Direction musicale : Philippe Jordan Orchestre de l’Opéra National de Paris Chœur de l’Opéra National de Paris Chef des chœurs : José Luis Basso Réalisation : Vincent Massip (2015-73’) Coproduction : ARTE France et Telmondis Dimanche 9 octobre à minuit (00h) Nom de code : Sonate au clair de lune Elly Ney, pianiste sous le régime nazi UNE BEETHOVENIENNE ET LES NAZIS… Pianiste élevée au rang de mythe, Elly Ney a voué sa vie au culte de Beethoven. Mais pour d’autres, elle reste avant tout une artiste inféodée à Hitler. Autour de 1900, les compositions de Beethoven passaient pour injouables par des femmes, émanant d’un titan puissant et viril. Puis la pianiste Elly Ney (1882- 1968) vint et s’identifia – y compris physiquement, avec un regard habité et une volumineuse tignasse – au compositeur. Après des débuts au Carnegie Hall et une brillante carrière aux États-Unis, elle préféra célébrer des grand-messes en l’honneur de son idole, lisant notamment lors de ses concerts le fameux “testament de Heiligenstadt” écrit en 1802 par un Beethoven très déprimé. Mais celle qui se considérait avant tout comme une musicienne populaire se laissa aussi séduire par l’idéologie nazie, et en particulier par l’antisémitisme, à l’instar de Leni Riefenstahl ou de Winifred Wagner. À travers photos, extraits de films, lettres et témoignages, ce documentaire retrace son parcours, en s’interrogeant à la fois sur le rôle qu’elle joua pour populariser Beethoven, lui-même récupéré par la propagande nazie, et sur son engagement pour le régime hitlérien. Seule pianiste allemande de son temps à pouvoir s’affirmer au niveau de ses collègues hommes (Artur Schnabel, Wilhelm Backhaus et Wilhelm Kempff), elle a laissé des enregistrements légendaires des oeuvres pour piano de Beethoven, tant son jeu singulier différait de celui de ses contemporains. Dimanche 9 octobre à 00h50 Philippe Jordan dirige les symphonies n°1 et n°3 de Beethoven Concert (2014, 1h18mn) Réalisation : Vincent Massip Sous la baguette du directeur musical de l’Opéra de Paris, les célèbres Symphonie n° 1 en ut majeur op. 21, et Symphonie n° 3 en mi bémol majeur op. 55, dite “Eroica”. Dimanche 16 octobre à 17h50 Beethoven : Concerto pour piano n°3 Lauréat du Reine Elisabeth 2016, le pianiste tchèque Lukas Vondráček interprète le Concerto pour piano n°3 en ut mineur de Beethoven. Le lauréat du Concours Reine Elisabeth de cette année a acquis instantanément les faveurs du jury et du public. Ce Tchèque qui a donné son premier concert à l’âge de 16 ans et s’est produit au Carnegie Hall à 16. Il a joué avec les plus grands chefs (Vladimir ashkenazy, Christoph Eschenbach, Paavo Jörvi). Inventivité, expressivité et technicité sont les maître-mots pour ce soliste qui met ici tout son talent dans le Concerto pour piano n° 3 de Beethoven, le seul de ce type que le compositeur ait écrit en mode mineur. Réalisation : Benoît Vietlin 2016, 43mn Orchestre National de Belgique Dimanche 23 octobre à 18h15 Le concerto pour violon de Beethoven par Nikolaj Znaider et Riccardo Chailly Orchestre Gewandhaus Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly Fils de parents israélo-polonais né en 1975 au Danemark, ce musicien est à la fois un brillant chef d’orchestre et un violoniste hors pair qu’on s’arrache aux quatre coins du monde. Dans le cadre de la coopération entre le Gewandhaus de Leipzig, la chaîne allemande MDR et Arte, il a interprété le Concerto pour violon en ré majeur opus 61 de Beethoven, incontestablement l’une des œuvres majeures du compositeur. Réalisation : Michael Beyer, 2014, 43mn Dimanche 30 octobre à 18h30 Beethoven, Symphonie n°6, “Pastorale” Plus connue sous le nom de « La Pastorale », la sixième symphonie de Beethoven traduit l’inspiration qui pouvait venir de la nature et de la campagne à un compositeur atteint de surdité. Un merveilleux concert proposé par le FSO dans le cadre de sa coopération avec la télévision publique finlandaise. Mais en génie libre et capable d’ivresse poétique inédite, Beethoven ne décrit pas le miracle de la nature : il l’exprime par un langage qui comme les Quatre Saisons de Vivaldi saisit par sa justesse expressive et dans l’écriture symphonique, la subtilité de l’orchestration… Réalisation : Anu Holttinen Finlande/France, 2016, 43mn Orchestre symphonique de la radio finlandaise FSO sous la direction de Hannu Lintu

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31 août

CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2 (50cd, Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2. Deutsche Grammophon édite le 2ème coffret « The Originals », ou « Legendary recordings », perles de son catalogue légendaire où l’on retrouve plusieurs chefs pianistes, orchestres, chanteurs de légende dans des oeuvres particulièrement bien défendues et qui ont fait la notoriété de la marque depuis l’après guerre. Paru en novembre 2014 (il y a un peu moins de 2 ans, CLIC de CLASSIQUENEWS), le premier coffret The Originals, première moisson sélective de 50 cd à écouter d’urgence, était dans sa robe bleue , d’un indiscutable apport. Déjà, le mélomane, connaisseur ou curieux y retrouvait pour son plus grand profit, les chefs à tempérament dont Evgeny Mravinski, Karl Böhm, Karajan, Bernstein, Abbado, Fricsay, Kubelik… l’organiste Helmut Wacha (toujours indépassable dans Bach ainsi dès 1956), les pianistes Emil Gilels (dont 2016 marque le centenaire), Maurizio Pollini et le baryton D Fisher-Dieskau … chacun dans des lectures effectivement marquantes. Les orchestres ici représentés sont l’Orchestre Lamoureux, l’Orchestre de l’opéra de Berlin, la Chapelle de Dresde, le Symphonique de la radio bavaroise, le Wiener Symphoniker, l’Orchestre de la Radio de Berlin, surtout le Berliner Philharmoniker… Mêmes grands interprètes dans le nouveau coffret de 50 cd (dan sa livrée blanche cette fois), publié en septembre 2016, et dans des choix de répertoires différents, non moins convaincants : écoutez entre autres les Symphonies de Tchaikovsky par à Vienne en 1956 : indémodables, fascinantes). A leur geste superlatif s’ajoute les tempérament et caractère d’autres artistes qui comptent aussi et font le nouvel intérêt du présent coffret absolument incontournable : le violoniste Nathan Milstein dans JS Bach (1974), ABM soit le pianiste Arturo Benedetto Michelangelo dans les Concertos pour piano de Beethoven sous la direction de Carlo Maria Giulini en 1979 ; joyau romantique français serti par Igor Markevitch, Paris, Salle de la Mutualité en 1961 : Symphonique Fantastique de Berlioz et ouverture Anacréon de Cherubini ; les Symphonies de Brahms par Eugen Jochum et le Berliner Philharmoniker en 1953 et 1956 ; les Chopin dont les 24 Préludes par Martha Argerich (1974) ; les Quatuors de Debussy et Ravel par le Melos Quartett (1979) ; Les Smetana de Ferenc Fricsay (dont la Maldau, Berliner Philharmoniker, 1960) ; évidemment l’Amour Bruno / L’Amour Sorcier de Falla par la sublime Grace Bumbry et Lorin Maazel en 1965 ; Les Sibelius de Hans Rosbaud (1954; avec le Berliner Phil.) … Parmi les oeuvres intégrales lyriques, saluons la réédition des fabuleux témoignages que sont La Création de Haydn par Karajan (1966-1969) ; Les Noces de Figaro de Mozart par Böhm (F-Dieskau, Janowitz, Mathis, Prey, Troyanos, Berlin 1968) ; sans omettre le fameux Rigoletto de Verdi par Giuliani (Capuccilli, Domingo, Cotrubas, Ghiaurov… Vienne 1979), et tout autant, le Freischütz anthologique de Carlos Kleiber signé en 1973 à Dresde (s’il ne fallait conserver q’un enregistrement, par son souffle, sa poésie romantique : ce serait celui là : photo ci contre). 50 cd incontournables pour réviser ses classiques par une colonies d’artistes à la musicalité rayonnante, convaincante, engagée. Prochaine critique complète du coffret THE ORIGINALS, Legendary recordons from The Deutsche Grammophon Catalogue : 50 cd, volume II — parution : septembre 2016, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.COM — CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. LIRE aussi notre compte rendu du coffret : THE ORIGINALS : The legendary recordons from the Deutsche Grammophon Catalogue, 50 cd, volume I, parution : novembre 2014, CLIC de CLASSIQUENEWS 2014

Martha Argerich

Martha Argerich est une pianiste argentine (5 juin 1941). Enfant prodige du piano, elle a apporté à l'interprétation du répertoire romantique et moderne un souffle nouveau qui la propulse rapidement sur le devant de la scène internationale. Elle est considérée comme une des pianistes les plus talentueuses de son époque. Plusieurs des grands concertos pour piano et orchestre tels ceux de Chopin, Brahms, Schumann, Liszt, ont trouvé en Martha Argerich une interprète flamboyante et réfléchie. Fuyant la publicité, elle s'éloigne de la scène pendant une partie importante de sa carrière. Artiste exigeante et femme de caractère, elle n'accorde que peu d'entrevues, et ne joue plus, depuis quelques années, qu'en formation de musique de chambre ou avec orchestre.



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